© 2014 Camille Sarda

 

 

Montréal

 

Historique de Montréal 

 

 

La localité de Montréal est au centre d’un vaste territoire communal, à la fois agricole et forestier. Il empiète sur le massif boisé de la Malepère et sur la plaine limité au nord par l’ancienne voie romaine d’Aquitaine. Quelques vestiges d’habitats dans cette dernière zone témoignent d’une occupation à l’époque romaine.

On peut recenser une dizaine d’églises médiévales aujourd’hui disparues. Les terroirs et les habitats qui étaient rattachés à ces lieux de culte ont subi l’attraction du château de Montréal à partir du XII siècle, pour aboutir à une vaste seigneurie.

 

Dans la seconde moitié du XII siècle, Montréal est tenue par une série de co-seigneurs qui prêtent fidélité au vicomte de trencavel de Carcassonne; A la veille de la croisade contre les albigeois, le village apparaît comme un intense lieu de vie pour la communauté cathare.

C’est dans ce contexte que la tradition situe, au début du XIII siècle, une série de miracles attribués à St Dominique (Dominique de Guzman, arrivé en Languedoc en 1206). 

Au printemps 1207, une conférence opposant cathare et catholique sur les questions théologiques est organisée à Montréal. L’épisode est relaté par une chronique pro-catholique : pour départager les contradicteurs, l’argumentation rédigée par Dominique aurait été soumise à l’épreuve du feu. Par trois fois, les flammes auraient refusé de consumer le manuscrit, en le faisant rejaillir hors du foyer. Historiquement, il semble que la controverse n’ait pas été tranchée, les juges ayant refusé de donner raison à l’un ou l’autre camp; quant à l’ordalie, elle aurait été contradictoire avec les doctrines cathares. Il est à noter que ce même miracle a été également localisé à Fanjeaux, par déformation des chroniques initiales et en raison de la forte implication de Dominique sur cette commune.

La tradition rapporte encore deux miracles accomplis sur le territoire de la seigneurie de Montréal , celui des épis sanglants et celui de l’orage (toile de badin  au fond de la collégiale représentant ces miracles).

En 1318 dans un contexte de reconquête catholique d’une ville jugée trop compromise par le catharisme, le pape Jean XXII décida  la transformation de l’église paroissiale Saint-Vincent en collégiale et l’installation d’un groupe de chanoines.

Lors des guerres de religions, au XVI siècle, le village fut à nouveau le théâtre de sièges et de combats. En 1632, la ville fut contrôlée par le duc de Montmorency, en révolte contre le roi. Après sa défaite Richelieu ordonna la destruction des fortifications.

 

Le village

 

Chef-lieu de canton, dominant les vastes plaines du Razès, du Lauragais et du Carcassonnais, ce gros village de 2200 habitants, enlacé autour de son imposante collégiale est situé sur un pic. Il se distingue de très loin à la ronde, aussi bien de Carcassonne que de l'autoroute A9. Montréal a de tout temps, représenté un passage obligé entre sud-ouest et pays méditerranéen.

 

Collégiale Saint-Vincent

 

"Collégiale", l'appellation découle du fait que cette église, en raison de l'importance de sa communauté paroissiale et de ses ressources matérielles, était dotée d'un collège (collegium) de prêtres, appelé chapitre (capitulum). Le Chapitre a duré de 1318 à 1789 pour être supprimé à la Révolution Française. C'est le pape français Jean XXII (Jacques Duèze) qui créa en 1318 le Chapitre de Montréal. La composition de ce Chapitre était de quinze chanoines, trois hebdomadiers, vingt‑trois chapelains (prêtres), deux diacres, deux sous‑diacres, six clercs, huit enfants de chœur.

L’organisation et les proportions de la collégiale sont celles du gothique méridional: une nef droite unique, sans bas-côtés ni transept, et un chœur plus étroit que la nef. Hauteur et largeur sont de 22 mètres, et la longueur intérieure, du fond du chœur au mur ouest, est de 53 mètres.

Les retables et autels en pierre blanche datent du XIX siècle, comme l‘ensemble des peintures murales et des vitraux. Les balustrades sont en marbre de Caunes Minervois.

Dans le chœur, 66 stalles finement sculptées (XVII-XVIII s.) s’alignent sur une double rangée. Sept peintures de Despax célèbrent la vie et le martyre de Saint Vincent.

Tout au fond de l’église, un diable inquiétant aux longs doigts crochus soutient la cuve des fonts baptismaux.

Au sol, des dalles inégales recouvrent les sépultures de plus d’un millier de Montréalais.

Outre la collégiale et le Grand Orgues, les Monuments Historiques ont classé à leur inventaire la chaire du XVII siècle, les tableaux des peintres Gamelin et Despax (XVIII-XIX s.), ainsi que plusieurs objets du trésor de la Collégiale.